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TBC da Fondo
monetario internazionale - Lo studio è il
primo che riesce a stabilire una connessione
diretta e misurabile fra prestiti del FMI e
modificazioni dello stato di salute pubblica.
I prestiti del Fondo monetario internazionale
(FMI) sono risultati associati, fra il 1992 e il
2002, a un aumento del 16,6 per cento dei tassi
di mortalità da tubercolosi nei paesi dell'ex
Unione Sovietica e dell'Est Europa: lo rileva
un articolo pubblicato su PLoS Medicine che
illustra uno studio condotto da ricercatori
dell'
Università di Cambridge, in Gran Bretagna, e
della
Yale University, negli Stati Uniti.
Lo studio ha trovato
anche che i prestiti del FMI erano associati
anche a un aumento del 13,1 per cento di
nuovi casi di tubercolosi all'anno.
Fra il 1992 e il 2002 la maggior parte dei paesi
analizzati aveva ricevuto per la prima volta
prestiti dal FMI. Come osserva David Stuckler,
uno dei coordinatori dello studio, "secondo il
FMI l'obiettivo di questi programmi è
raggiungere la stabilità macroeconomica e la
crescita dell'economia...", ma i paesi
beneficiari di questi prestiti sono stati
costretti a ridurre la spesa sociale per
raggiungere gli obiettivi posti come condizione
al credito concesso, stabilendo tetti
all'impegno pubblico nel campo della salute o
privatizzando i servizi sanitari.
Lo studio è il primo
che riesce a stabilire una connessione diretta e
misurabile fra prestiti del FMI e modificazioni
dello stato di salute pubblica.
Per le loro analisi Stuckler e colleghi hanno
utilizzato i dati forniti dall'Organizzazione
mondiale della sanità e i "World
Development Indicators" della Banca mondiale
per sviluppare dei modelli che permettessero di
tener conto anche di possibili altri fattori
influenti, come il livello di sviluppo
economico, la situazione finanziaria, la
prevalenza di Hiv/Aids ecc.
Utilizzando diverso
gruppi di modelli i ricercatori sono giunti così
a suggerire che i programmi del FMI siano
collegati a una caduta dell'8 per cento della
spesa statale, del 7 per cento del numero di
medici pro capite e a una minore azione di
copertura nei programmi di controllo della
tubercolosi, che hanno avuto come esito un
aumento della mortalità da tubercolosi.
Megan Murray e Gary
King della
Harvard University, che non sono stati
coinvolti nella ricerca, hanno affermato che
nonostante alcune limitazioni intrinseche a
questo tipo di studi, "siamo convinti che gli
autori abbiano fatto un notevole lavoro nel
testare le loro assunzioni e nel mitigare le
possibili incertezze, e per questo lo studio e
le sue conclusioni andrebbero presi molto
seriamente." (gg)
Tratto da: lescienze.espresso.repubblica.it
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Cosa fare del Fondo Monetario Internazionale
e della Banca Mondiale ?
Que
faire du FMI et de la Banque Mondiale ?
La
mondialisation libérale n'est pas tombée du ciel. Les ravages qu'elle
provoque sont le résultat de décisions politiques, celles de Washington
d'abord, puis celles des principales puissances capitalistes qui se
retrouvent au sein du G7.
Les outils multilatéraux de cette reconfiguration du monde au profit des
multinationales et des marchés financiers sont les institutions financières
internationales (IFI), en premier lieu le Fonds Montétaire International
(FMI) et la Banque Mondiale.
Dévoyées de leur finalités initiales, fixées à Bretton Woods au
lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les IFI doivent être
radicalement remises en cause, tant dans leurs missions que dans leur mode
de fonctionnement, profondément anti-démocratique. Elles doivent, en
particulier, être subordonnées au respect des droits économiques,
sociaux, écologiques et culturels, et à la Déclaration universelle des
droits de l'homme.
FMI
= Famine, misère, impérialisme
Pilier
de l’ordre impérialiste mondial depuis l’après-guerre, le FMI (Fonds
Monétaire International) est pour les travailleurs des "pays en voie
de développement" synonyme de licenciements, d’attaques contre le
niveau de vie des travailleurs et de misère généralisée pour la classe
ouvrière.
En effet, afin de "stabiliser" les économies et de "restaurer
la confiance des investisseurs", le FMI insiste pour que chaque
gouvernement applique ses plans d’austérité dont les travailleurs du
monde entier supportent les conséquences.
Le plan d’austérité est devenu le principal préalable du FMI à toute
aide financière mise en place pour faire face à la fuite des capitaux,
à la dette étrangère devenue écrasante ou à la disparition des réserves
de devises étrangères - les signes classiques d’une crise financière
aggravée.
Le
FMI, structure fondamentale de l’impérialisme moderne, se définit
lui-même de la manière suivante :
• Il est politiquement neutre, comme une espèce de banquier bénévole
mais plein de bon sens, qui ne fait qu’appliquer la volonté de ses
pays-membres.
• Il
a comme unique objectif d’appuyer le développement et la croissance du
commerce international.
• Son
aide financière ne sert qu’à permettre aux pays-membres de surmonter
des difficultés financières temporaires - en particulier dans le domaine
de la balance des paiements (c’est-à-dire avoir assez d’argent pour
payer les importations) - et à les aider à effectuer les changements
structuraux nécessaires afin d’augmenter les exportations.
Sa
doctrine est celle du néolibéralisme, avec comme objectif que tous les
pays puissent avoir une spécialité dans le domaine de la production,
afin de maximiser le bien-être des citoyens.
Voilà la version officielle, la vision impérialiste de la chose. La vérité
est tout autre.
En fait, le FMI fonctionne comme une espèce de ministère des finances à
l’échelle planétaire. Il contrôle notamment la situation des pays du
"tiers monde" - les semi-colonies d’Asie, d’Amérique latine
et d’Afrique - dans l’intérêt d’une poignée de puissances
impérialistes,
en particulier les USA, l’Allemagne, la France, le Japon et la
Grande-Bretagne, qui dominent l’économie mondiale.
Les
objectifs réels du FMI sont en fait évidents:
• Assurer
la capacité d’un pays à remplir ses obligations en matière de dette
aux banques privées. Tout surproduit financier créé par l’exportation
ou la privatisation doit avant tout servir à payer l’intérêt des
dettes aux banques étrangères.
• Ouvrir des marchés nationaux à l’investissement et à l’appropriation
par les principaux pays impérialistes.
Au sein du FMI, certains pays-membres - les puissances impérialistes -
sont plus égaux que d’autres. En poursuivant son projet d’abolition
de toute restriction sur la libre circulation des marchandises, des
services et du capital, le FMI montre clairement qu’il n’est qu’une
arme au service des classes riches et puissantes.
Le
FMI et la crise des années 80
Jusqu’au
début des années 70, la plupart des pays semi-coloniaux ont surfé sur
la vague de croissance que constituaient les "Trente Glorieuses".
Leurs exportations ont augmenté à un taux suffisant pour empêcher un déficit
de leurs balances des paiements. Ils ne croulaient pas sous le poids des
importations.
Leur
éventuels déficits étaient financés par des crédits commerciaux, des
prêts des gouvernements étrangers ou des agences internationales. En
1971, les banques privées ne possédaient qu’un tiers des prêts étrangers
dans les pays du "tiers monde".
Puis
les années 70 ont été marquées par la crise ; deux récessions
mondiales ont frappé l’économie internationale et la demande pour les
exportations traditionnelles d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine
a chuté.
A
la fin de la récession mondiale de 1980-82, des pays comme le Brésil, le
Mexique, l’Argentine et le Venezuela ont fait faillite. Ils ne pouvaient
plus payer les intérêts des dettes contractées auprès des banques privées
qui avaient proposé des prêts pendant les années 70 afin que les pays
pallient aux déficits produits par la crise internationale.
En
1970, la dette des pays dominés par l’impérialisme était de l’ordre
de 75 milliards de dollars. 15 ans plus tard, ce chiffre a été multiplié
par 12 : la dette s’élevait à 900 milliards de dollars.
La
plupart des prêts demandés par les classes dirigeantes des pays
semi-coloniaux n’avaient pas pour objectif d’augmenter le niveau de
vie de la population. Un grand nombre d’entre eux étaient directement
liés à des contrats militaires dont l’objectif était de renforcer les
régimes répressifs d’Amérique latine et d’Afrique confrontés à la
pression populaire ainsi qu’au renforcement, dans le même temps, des
profits des sociétés multinationales d’Europe et des USA qui
fabriquaient des produits militaires (armes, avions, hélicoptères,
voitures, etc.).
D’autres
prêts servaient, eux, des projets dits "de prestige", inutiles
pour la population, mais qui avaient pour objectif de renforcer le régime
aux yeux du peuple et des classes dirigeantes des États voisins.
Et,
bien entendu, parmi ces sommes empruntées, des milliards de dollars ont
tout simplement été détournés vers des comptes privés dont
jouissaient les Mobutu et les Suharto.
Pendant
la récession de 1980-82, le poids de la dette est devenue écrasant. L’effondrement
de la demande de matières premières pendant les années 70 a porté un
premier coup de massue aux pays d’Amérique latine. Ceci a été suivi
en 1979 de l’explosion des taux d’intérêt - de 7 % à 17 %
- alors que les USA cherchaient à freiner l’inflation.
Par
voie de conséquence, le remboursement des seuls intérêts -- et non pas
la dette elle-même -- a consommé une partie croissante des revenus d’exportation
qui diminuaient. La proportion des revenus des pays semi-coloniaux absorbés
par le paiement des intérêts est passée de 15 % en 1977 à 25 %
en 1982.
Pendant
cette même période, la somme totale remboursée par les pays dominés
par l’impérialisme est passée de 40 à 121 milliards de dollars. Pays
après pays, les bourgeoisies locales s’apprêtaient à jeter l’éponge.
Les
banques, menacées par la perte pure et simple de leur argent, ont exigé
l’intervention du FMI pour renflouer les économies. Il fallait éviter
la faillite et imposer les mesures politiques et économiques nécessaires
pour assurer le remboursement de la dette. C’est dans ce contexte que le
FMI a trouvé sa raison d’être.
Dès
la fondation des instances financières gérant l’économie capitaliste
mondiale en 1944, les USA ont fait en sorte que tous les pays souhaitant
recevoir de l’argent de la Banque mondiale doivent obligatoirement adhérer
au FMI et donc subir sa politique.
En
1978, les USA ont modifié la charte du FMI, afin que tout prêt soit
conditionné à l’acceptation de la politique du FMI en matière de réforme
économique. Ce changement généralisait une politique qui n’avait
jusque là été appliquée que sélectivement.
Par exemple, quand un pays impérialiste avait des difficultés à boucler
son budget - comme ce fut le cas pour la Grande Bretagne en 1960 - aucune
condition particulière n’était associé au prêt accordé par le FMI.
Le
sort des pays semi-coloniaux était très différent. En 1954, le Pérou
fut le premier pays d’Amérique latine à se tourner vers le FMI ;
il dut subir un programme de réformes économiques drastiques. Idem pour
le Chili en 1956.
La
crise d’endettement des années 80 a conduit à une véritable ruée
vers le FMI. A la fin de 1984, 40 pays semi-coloniaux avaient signé des
accords avec lui. Bien sûr, ces accords étaient formulés de manière à
éviter tout contrôle démocratique sur le processus de "réforme"
exigé par le FMI.
Les
choses se passent toujours de la même façon : le FMI écrit une
lettre d’intention spécifiant les conditions qu’il impose ; le
gouvernement doit la signer. Les fonds sont ensuite débloqués. L’accord
n’est pas nécessairement publié et il n’a pas le statut de traité
international, il n’est donc pas nécessairement discuté par le
parlement du pays concerné.
Le
FMI n’est pas gratuit.
Le pays concerné doit payer 0,25 % du prêt afin de couvrir les
"frais d’agent" du FMI !
Ensuite, il doit acquitter 4,5 % du prêt directement aux
pays-membres dont les devises composent l’argent prêté.
Résultat : un transfert de la richesse des pays
semi-coloniaux vers les pays impérialistes.
Enfin
le pays-emprunteur doit adopter un plan "d’ajustement structurel",
sans lequel il n’est pas admis sur les marchés internationaux des
capitaux, ce qui le prive de l’accès à la richesse. Le but des plans
est d’assurer les profits des banques et de transférer les richesses
nationales vers les impérialistes.
Le plan traditionnel du FMI comporte certains éléments immuables :
• la
dévaluation de la devise nationale ;
• la
hausse des taux d’intérêt ;
• l’élimination
des subventions, y compris sur la nourriture ;
• l’augmentation
des prix demandés par les entreprises d’État pour l’énergie,
l’eau etc. ou la privatisation de ces entreprises;
• le
contrôle des salaires ;
• la
restriction du crédit.
Toutes ces mesures "d’ajustement" ont un même objectif :
la limitation de la demande intérieure et des importations et le
renforcement des exportations occasionnées par la diminution de leur prix.
Tous les revenus découlant des exportations doivent être utilisées pour
le remboursement de la dette.
Investissements
étrangers
En
restaurant l’équilibre de la balance des paiements, le FMI assure que
le pays puisse à nouveau attirer les investissements étrangers. Lorsque
les impérialistes reviennent dans ces pays, tout est moins cher à cause
de la dévaluation.
Là encore une fois, ces mesures n’ont qu’un seul objectif : créer
- ou recréer - les conditions pour l’extraction des surprofits par les
impérialistes.
En
Amérique latine, pendant les années 80, la politique du FMI a conduit à
une "décennie perdue" pour les masses. Le Brésil constitue un
exemple typique.
En
janvier 1983, le Brésil a signé un accord avec le FMI et s’est lancé
dans un programme de "stabilisation" prévu sur trois ans. En échange
d’un prêt de 4,5 milliards de dollars, le plan prévoyait :
• la
dévaluation de la devise de 30 % ;
• la
réduction de moitié du déficit de la balance des paiements en 1983 ;
• la
réduction de moitié du déficit budgétaire ;
• la
baisse de l’inflation de 100 % par an à 85 % en 12 mois ;
• la
hausse des taux d’intérêt et la suppression des subventions ;
• l’abandon
de l’indexation des salaires, conduisant ainsi à une perte du pouvoir
d’achat des travailleurs.
Étant
donné qu’avec la dévaluation, les prix ont grimpé deux fois plus vite
que les salaires, bon nombre de travailleurs ont connu la pauvreté. Les
exportations ont augmenté mais la résistance ouvrière a fait en sorte
que les salaires n’ont pas diminué dans les proportions espérées par
le FMI.
Conséquence ?
Le FMI a refusé de livrer la deuxième tranche du prêt, jusqu’à ce
que le gouvernement adopte une loi décrétant que la hausse des salaires
ne pouvait atteindre que 80 % de la hausse des prix ! Les
travailleurs se sont mis en mouvement et le gouverneur de la Banque du Brésil
a dû démissionner. Au bord de la faillite, le gouvernement brésilien a
écrasé le mouvement et a fait adopter la politique du FMI à la hussarde.
En
novembre 1983, le FMI a débloqué enfin 11 milliards de dollars, dont
l’unique fonction était... de rembourser la dette.
Les pays d’Amérique latine des années 80 ont joué le rôle de cobayes
néo-libéraux du FMI. L’un après l’autre, chaque pays a dû adopter
une politique orientée vers les exportations, basée sur un programme de
privatisation des industries nationales au profit des sociétés
multinationales impérialistes et la destruction pure et simple des aides
étatiques destinées aux couches les plus pauvres.
Mais
en 1997, l’effondrement des pays du Sud-Est asiatique a montré l’erreur
des théories néo-libérales prônées par le FMI sur le développement
capitaliste.
Le
FMI chantait les louanges de ces économies. Il les prenait pour modèles
afin de montrer comment des pays du "tiers monde" pouvaient
connaître croissance et stabilité et jouir des investissements
étrangers.
Entre 1990 et 1996, les banques étrangères se sont ruées vers ces pays,
applaudis par le FMI qui y voyait des modèles à suivre partout dans le
monde semi-colonial.
Et
puis, l’année dernière, la vérité a éclaté aux yeux de tous :
surproduction, effondrement des profits, mauvaises dettes et fuite des
capitaux. L’un après l’autre, l’Indonésie, la Thaïlande, la
Malaisie, la Corée du Sud et les Philippines ont tous sombré. Incapables
de défendre leurs devises face à la déferlante financière, leurs économies
se sont effondrées.
Étant
donné qu’ils suivaient tous et sans conditions la politique du FMI, ils
étaient en droit d’attendre que celui-ci débloque immédiatement les
fonds nécessaires pour les sauver.
Pas
du tout. Pour le FMI, la crise devait être payée par les populations.
Cela s’est traduit par la réduction des dépenses d’État, la
limitation de la demande intérieure et des salaires et l’augmentation
des taux d’intérêt.
Les
"apprentis sorciers" du FMI ont même rajouté une clause visant
la dérégulation du mouvement des capitaux, un des facteurs qui avaient déclenché
la crise !
Le
but du FMI est simple:
se servir de la crise afin d’ouvrir ces pays comme autant d’huîtres,
permettant ainsi aux banques et aux sociétés impérialistes d’en déguster
les meilleurs morceaux.
Voilà
pourquoi l’accord de décembre 1997 entre le FMI et la Corée du Sud
exige une profonde réforme structurelle, la fermeture des institutions
financières, le rachat des banques coréennes par des banques étrangères
et la fin des prêts gouvernementaux. Comme l’a dit un commentateur,
l’objectif du FMI est net :
"Il
ne peut y avoir aucun doute, les vrais gagnants sont les sociétés
occidentales et nippones. Le transfert vers des propriétaires étrangers
a commencé, marqué par l’euphorie, comme le montre cette remarque de
la part d’un dirigeant d’une banque britannique : 'Si quelque
chose qui hier valait 1 milliard de livres, aujourd’hui ne vaut que
cinquante million, c’est assez excitant.' La combinaison des dévaluations
massives avec la libéralisation à tout va et la reprise soutenue par le
FMI pourrait même précipiter le plus grand transfert de richesses des
propriétaires nationaux vers l’étranger qu’on ait jamais vu en temps
de paix depuis cinquante ans. Même les transferts vers les USA qu’on a
vu en Amérique latine pendant les années 80 ne seraient rien à côté."
L’avenir
du FMI :
Le
caractère pro-impérialiste des conditions avancées par le FMI n’a
jamais été aussi évident malgré ce qu’en dit Michel Camdessus.
Celui-ci déclarait, sans rire, fin octobre, que les programmes du FMI
"cherchent à faire en sorte que la reprise des dynamiques de développements
serve le développement humain, que la dépense publique soit autant que
possible destinée à l’éducation, à la santé de base, etc. C’est
le meilleur moyen pour donner leur chance aux plus pauvres."
La seule pointe de critique que Camdessus concède avec cynisme, c’est
que "la libéralisation a parfois été conduite en dépit du bon
sens". Et les millions de travailleurs et de jeunes qui ont subi les
effets nocifs des programmes du FMI sur leurs conditions de vie, alors ?
Oubliés !
Comme
Piaf, le FMI ne regrette rien.
Car après tout, ces conséquences sont sa raison d’être.
L’avenir
du FMI peut prendre deux directions. D’une part, il est possible que le
nombre et la profondeur des crises financières des années 90 épuisent
les ressources du FMI.
Par
conséquent, les impérialistes craignent que la prochaine crise soit la
dernière. Car pour répondre à la crise rampante qui déferle sur les
places boursières de la planète, le FMI a besoin de plus d’argent
encore.
Aux
USA, le Congrès n’a donné "que" 18 milliards de dollars au
FMI le mois dernier. Mais son instrument financier préféré a besoin de
beaucoup plus. S’il s’écroule sous le poids de cette crise ou de la
suivante, on pourrait assister à l’effondrement du système d’échange
planétaire et à un retour au chaos qui a caractérisé les années 30.
Voilà la voie réactionnaire.
Mais il y a une autre piste. Les luttes des pauvres et des exploités
contre l’austérité imposée par le FMI pourraient bloquer les plans de
ce dernier, aboutir au renversement des gouvernements bourgeois qui
cherchent à les mettre en œuvre. Voici la voie révolutionnaire.
C’est
seulement en suivant une telle voie que l’on peut arracher des mains des
capitalistes les banques et les usines du monde entier et les mettre sous
le contrôle de ceux qui y travaillent.
Dans
ces circonstances, si les pays les plus développés étaient munis de
gouvernements ouvriers, ils pourraient commencer la construction d’un
ordre monétaire international opposé à celui du FMI. Ce serait un ordre
basé sur un système planétaire de planification socialiste, un système
destiné à augmenter le niveau de vie des plus pauvres.
L’expropriation des banques abolirait les dettes nationales. Les revenus
des exportations n’assouviraient plus l’avarice des financiers
internationaux et ne conduiraient plus au transfert des richesses entre
les mains d’une poignée de sociétés multinationales.
Une
institution monétaire internationale sous le contrôle démocratique des
travailleurs dirigerait un système de paiements à taux de change stables
entre les pays-membres d’une fédération socialiste, tout en permettant
aux devises nationales d’exister si tel était le souhait des masses
travailleuses de ces pays.
Mais
une transition socialiste, durant laquelle chaque pays serait intégré au
sein d’un plan international de production et de distribution, aurait
comme conséquence inévitable de miner le besoin de devises nationales.
Les sommes dépensées pour les échanges pourraient utilement servir
ailleurs.
Dans
cette optique, celle de l’après-révolution socialiste, la politique
monétaire aurait comme seul objectif de mesurer la productivité du
travail, signalant ainsi aux institutions de planification comment mieux répartir
l’argent au sein du système socialiste tout entier.
C’est
une perspective très différente de celle du FMI. Mais c’est la seule
qui peut faire sortir l’humanité du cycle de crise, de répression et
de guerre qui est le lot commun sous la férule capitaliste. Il s’agit
d’une perspective émancipatrice et rationnelle plaçant la production
au service de l’humanité et non l’inverse.
Aux
origines du Fonds Monétaire International
Pendant
les années 30, le monde capitaliste fut ravagé par la Grande Dépression.
Des milliers de banques ont fait faillite; la valeur marchande des terres
s’est effondrée ; les usines se sont arrêtées et des dizaines de
millions de travailleurs se sont retrouvés au chômage. Le système
financier et d’échange monétaire international fut profondément
endommagé. Une perte de confiance généralisée dans le papier-monnaie a
conduit à un accroissement de la demande d’or à laquelle ne pouvait
faire face les trésoreries nationales.
C’est
pourquoi de nombreux pays copiant une décision prise par le Royaume-Uni
ont abandonné l’étalon-or, qui, depuis des années, établissait la
valeur des devises en comparaison d’une certaine quantité d’or.
Pendant
les années 30, la valeur des monnaies étant incertaine, les pays ont
stocké l’or. Cela eut pour effet de diminuer encore l’importance et
la fréquence des transactions monétaires, intensifiant la dépression.
Les
gouvernements voulant vendre coûte que coûte leurs produits agricoles
aux acheteurs étrangers ont baissé leur devise nationale en dessous de
sa valeur réelle afin de miner le commerce des pays vendant les mêmes
produits.
Cette
pratique ("la dévaluation compétitive") a été employée également
par le commerce privé, renforçant ainsi l’incertitude financière et
minant l’activité commerciale.
Le
rapport entre la monnaie et la valeur des marchandises est devenu de plus
en plus confus, tout comme celui entre les devises. Le capitalisme mondial
fut plongé dans une spirale de déflation et de récession. Entre 1929 et
1932, à l’échelle planétaire, les prix ont diminué de 48 % et
la valeur du commerce international a chuté de 63 %.
La
destruction massive du capital et l’écrasement de la classe ouvrière
engendrés par la deuxième guerre mondiale ont créé les conditions
d’une reprise économique. Sur cette base, les puissances impérialistes
victorieuses ont construit un système monétaire dont l’objectif était
d’éviter une répétition de la catastrophe économique des années 30.
Au
début des années 40, deux économistes anglo-saxons - H. Dexter White
aux USA et J. Maynard Keynes en Grande-Bretagne - ont avancé des projets
similaires. Ils proposaient la création d’un système dont le rôle
serait :
• d’appuyer
la conversion sans limites des devises ;
• d’établir
une valeur claire pour chaque devise ;
• d’éliminer
toute pratique restrictive, telle que la dévaluation compétitive.
Pour
contrôler ce système, il fallait une instance internationale. En 1944,
lors de la conférence de Bretton Woods aux USA, le FMI fut fondé. Si par
tradition le président du FMI est un européen (l’actuel Directeur
Général,
Michel Camdessus, est un Français), celui de l’instance parallèle, la
Banque Mondiale, est toujours un américain.
La base fondamentale du FMI a toujours été l’impérialisme
nord-américain.
Installé aux USA, composé principalement d’économistes américains,
le FMI échange régulièrement son personnel avec celui de la trésorerie
des USA. De plus, en tant que principal contributeur du budget du FMI, les
USA ont toujours eu plus de voix que tout autre pays et ont pu ainsi
bloquer toute modification de sa charte.
Comme l’a dit en 1983 le Secrétaire de la Trésorerie des USA, Donald
Regan:
"Le
FMI est essentiellement une institution non-politique... Mais cela ne veut
pas dire que les intérêts politiques et sécuritaires des USA ne sont
pas servis par le FMI."
Pendant
ses 25 premières années d’existence, le FMI fut peu visible. Le système
monétaire international fut stable. Selon l’accord de Bretton Woods,
1’once d’or valait 35 dollars. Les USA étaient prêts à vendre et à
acheter à ce prix en toutes circonstances. Du moment que la domination économique
américaine soit absolue et qu’il y ait suffisamment d’or dans les
coffres, il n’y avait pas besoin d’une intervention du FMI.
Mais
pendant les "Trente Glorieuses", la domination des USA par
rapport aux autres pays s’est affaiblie alors que ces derniers - Europe
et Japon - se sont enrichis. Au début des années 70, la trésorerie des
USA n’avait plus de réserves d’or suffisantes pour échanger les
dollars détenus à l’étranger. En 1971, face à une crise financière
montante, les USA ont abandonné unilatéralement les taux de change fixes.
Une nouvelle période s’est ouverte : celle des taux de change flottants.
Mais comment éviter le retour des dévaluations compétitives des années
30 ?
C’est à ce moment-là que le FMI est entré en scène.
Comme le dit l’historien officiel du FMI:
"En
adoptant le système actuel, les pays-membres ont demandé au FMI d’aller
au-delà de la valeur d’échange qui, après tout, est le résultat
final d’une série de politiques économiques, d’examiner tous les
aspects de l’économie d’un pays-membre qui conduisent la valeur d’échange
à être comme elle est et d’évaluer franchement la performance de l’économie
pour que tous les pays-membres puissent la connaître. Bref, le système
actuel exige une transparence plus grande à l’égard de la politique
des pays-membres et donne au FMI une plus grande capacité à contrôler
ces politiques. Le FMI appelle cette activité le ‘contrôle’, ou la
supervision, de la politique d’échange des pays-membres.
Cette supervision est basée sur la conviction qu’une politique économique
domestique qui est forte et conséquente conduira à des taux de change
stables, et à une économie mondiale croissante et prospère."
Traduction: le FMI est le gendarme financier de l’impérialisme.
Il existe afin d’assurer que la politique économique intérieure des
pays-membres serve l’ouverture du commerce et du mouvement du capital,
au profit des pays impérialistes.
Inévitablement, un tel système d’ouverture ne peut que servir et
renforcer la richesse et la puissance des impérialistes, dont la
productivité économique, les ressources du capital et la domination
technologique permettent de balayer toute concurrence là où il n’existe
pas de barrières protectionnistes au mouvement des capitaux ou des
marchandises.
Le FMI existe afin d’assurer que les pays qui entrent dans une crise
financière et qui sont obligés de demander son aide - principalement les
pays semi-coloniaux les plus pauvres - soient contraints d’enlever de
telles barrières.
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